| « L’absence de débat public sur le Grand Paris est un camouflet pour la démocratie » |
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| Écrit par La Croix | |
| Mardi, 27 Octobre 2009 00:00 | |
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Entretien avec Philippe Deslandes, président de Philippe Deslandes regrette que le gouvernement n'ait prévu qu'une consultation du public sur ce sujet. Il n'est pas prévu que le Grand Paris fasse l'objet d'un débat public. N'est-ce pas un camouflet pour PHILIPPE DESLANDES : Les projets du Grand Paris relèvent directement de la compétence de Quelle différence cela fait-il? Dans une consultation, on se contente d'informer et de demander l'avis du public. Dans une concertation, déjà le dialogue s'instaure. Dans le débat, tout est ouvert. Les pays du Nord vont même plus loin avec le concept de «démocratie délibérative» qui suppose une participation des citoyens à la prise de décision. Pour le Grand Paris, non seulement il ne s'agit que d'une consultation, mais, autre différence de taille, celle-ci doit être organisée par le préfet. Or, le préfet, représentant de l'État, est juge et partie. Des projets ont-ils déjà été remis en cause à l'issue de débats publics ? Trois projets ont été abandonnés ces dernières années et l'on peut mettre ces décisions à l'actif des débats : l'extension du port de Nice et le contournement autoroutier de Toulouse et de Bordeaux. La proposition de variantes est encore peu dans les mœurs, même si cela s'est produit pour le tracé Montpellier-Perpignan, le maillon manquant du TGV Paris-Barcelone. Le dossier de Réseau ferré de France (RFF) comportait quatre scénarios. Un des quatre projets a fait l'objet d'un consensus. Le projet Charles-de-Gaulle Express, la ligne directe devant relier la gare de l'Est, à Paris, à l'aéroport de Roissy, a, lui, été profondément modifié. C'est une vraie contre-proposition née du débat qui a finalement été adoptée. Le débat sur le réacteur nucléaire EPR à Flamanville a été critiqué au motif qu'il ne sert à rien d'organiser un débat, dès lors que la décision politique est déjà prise... Le débat doit pouvoir porter sur l'opportunité du projet. C'est d'ailleurs le volet qui correspond le plus à la convention d'Aarhus dont Les conclusions de débat sont-elles toujours entendues? Aujourd'hui, oui. Précisons que la commission ne donne pas un avis, mais rédige un catalogue d'arguments. La conduite des débats répond à trois principes. Tout d'abord, la transparence. Et ce n'est pas le plus facile de réunir le maximum d'informations sur un projet pour préparer un débat. Ensuite, le principe d'équivalence : tous les citoyens sont égaux devant le débat public. Il y a un débat et toute question entraîne une réponse. Enfin, le principe d'argumentation. On ne s'intéresse pas aux «pour» ou « contre », mais aux « pourquoi ». Le débat consiste à explorer l'ensemble des controverses pour éclairer la décision. La greffe du débat est-elle en train de prendre en France? Héritage d'une tradition d'État centralisé, il reste en France une tendance au «Circulez, il n'y a rien à voir !». Mais les oppositions génèrent de plus en plus des recours contentieux. GDF, qui avait choisi, pour gagner du temps, de ne pas organiser de débat sur le terminal méthanier de Fos-sur-Mer, s'en mord aujourd'hui les doigts. L'autorisation d'exploitation accordée par le préfet a été cassée par le tribunal administratif. In fine, le terminal va être bloqué pendant trois ans. Est-il envisagé d'organiser des débats sur des projets polémiques tels que les incinérateurs ? Seul le gouvernement peut saisir RECUEILLI PAR
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