UNE CHARTE EXEMPLAIRE POUR UN PARC PERIURBAIN
Le Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse élargi doit être une grande infrastructure naturelle au milieu d’une urbanisation massive
Le défi de la charte du PNR élargi est de définir une logique territoriale et prospective de manière à préserver les terres agricoles et la biodiversité dans un contexte régional marqué par une énorme pression urbanistique à l’Ouest de l’Ile de France. En effet, ce Parc est le seul de tous les parcs qui soit un Parc périurbain, cerné par des projets d’urbanisation massive (Deux Opérations d'Intérêt National (OIN) dont l’une empiète sur son territoire, un corridor nord-sud de zones d’activité et d’urbanisation le long de la RN10 jusqu’à Rambouillet et au-delà). Dans ce contexte, l’environnement doit être considéré comme une infrastructure fondamentale au même titre que les infrastructures de communication, le Parc étant l’armature écologique du territoire du sud-ouest parisien. D’autant plus que les espaces naturels et agricoles reculent, particulièrement en Ile de France, devant l’urbanisation et la périurbanisation si consommatrice d’espace : plus de 60 000 hectares de terres agricoles sont artificialisées chaque année en France, l’équivalent d’un département tous les 10 ans. Nous sommes dans la région de France et d'Europe la plus riche, pourquoi ne pas donner l'exemple en étant résolument novateurs tout en restant vigilants, pour faire ensemble un parc « référence » digne de la région parisienne et de ses habitants. La charte doit être exemplaire en matière de protection et de conservation du patrimoine agricole et naturel car il s’agit pour les zones urbanisées autour du Parc d’un enjeu social d’accès au patrimoine naturel. Ce patrimoine est aussi culture, identité, terroir offrant aux habitants des zones urbanisées alentour et de l’agglomération parisienne à la fois un poumon vert et la beauté des paysages, la richesse et la variété des espaces naturels et des espaces ruraux. Il faut se rappeler qu’en France, 75% de population est urbaine et même 85% si on considère les « aires urbaines » (INSEE). Pendant ses 20 années d’existence, et en particulier depuis la seconde charte de 1999, le PNR de la haute vallée de Chevreuse a prouvé que le développement durable fondé sur la protection des terres agricoles, de la biodiversité et des paysages était une politique solide et hautement adaptable. C’est pourquoi la nouvelle charte doit faire au moins aussi bien, sinon mieux pour promouvoir une gestion particulièrement économe de l’espace permettant de garder ce poumon vert dans l’Ouest parisien en intégrant toutes les considérations environnementales.
Il s’agit de la protection de l’eau et des sols, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, arrêter le déclin de la biodiversité sur le territoire, maintenir l’agriculture et des paysages ruraux traditionnels et contribuer à la production d’énergies renouvelables.
Le Parc et l'OIN
Chacun des deux outils administratifs que sont, un parc naturel, et une Opération d'Intérêt National, répond à des logiques diamétralement opposées. L'UAPnr n'hésite pas à dire qu'elles sont et inconciliables et incompatibles. Le Parc est un outil de protection et de valorisation d'un territoire, l'OIN est un outil pour lutter dans une compétition mondiale, concurrentielle (féroce souvent) les deux se conçoivent, mais les deux ne peuvent cohabiter. Une OIN est totalement dérogatoire aux dispositions qui s'appliquent sur un territoire (Sdrif, Scot, PLU, Chartes, etc.) les permis sont du domaine du préfet de région, les PLUs sont suspendus. Le but de l'OIN est une planification décidée par la seule puissance publique qui se dote (même si le but est louable) de tous les pouvoirs pour y parvenir. Cela passe par une densification forcée au niveau des habitants, des infrastructures, des industries de l'économie etc. C'est l'expression de la puissance publique sans aucun contrôle possible des collectivités territoriales. Le but de ce rappel n'étant pas de contester l'OIN mais d'en peser les menaces. Un parc naturel quant à lui, n'est imposé à personne, y adhère qui veut, le quitte qui veut. Par contre on ne peut pas créer un Parc n'importe où, car il faut être en présence d'un territoire remarquable qui nécessite une protection (Art. 333 du code de l'environnement) l'État, lui, fait une OIN ou il veut. Un premier défi qui s'impose à nous : deux communes devraient faire partie du Parc et de l'OIN, Magny et Châteaufort, ceci est difficilement conciliable. Cette situation fait planer aussi une certaine hypothèque juridique, qui pourrait peser sur la validité même de la future charte à venir. L'autre défi est constitué par les infrastructures nécessaires au fonctionnement de l'OIN, routes, gares, réseau d'énergie, toutes les infrastructures aux abords même de l'OIN en subiront les conséquences, sans parler de celles qui sont situées en son sein (pour l'illustration, placer l'abbaye de Port Royal dans un OIN peut choquer). La carte reproduite illustre l'ampleur de l'OIN qui nous concerne, le plus étendu en superficie des 8 en Ile de France (368 km² qui deviendra aussi à terme le plus peuplé, 650 000 habitants pour l'instant contre 930 000 et 300 km² à Plaine de France) c'est un colosse qui est en gestation.
Les transports
Aux portes de la future OIN le problème se pose, et se surajoute à une réalité déjà existante, la liaison inter OIN restant à établir. Il faudra réfléchir au pré acheminement vers les gares car notre parc est le seul quasi entièrement en zone 5 du réseau de Transport Ile de France. On ne pourra pas multiplier les parkings indéfiniment aux abords des gares, certains sont payants d'autres pas, ce qui avec le changement de zone conditionne l'utilisation anormale des véhicules automobiles (chaque commune ne peut pas décider seule, il faut une concertation au niveau du Parc, étudier le rôle du STIF qui est une alternative collective incontournable au pré acheminement gare). Les voies douces et les voies sécurisées doivent permettre d'accéder aux services publics écoles et aux gares.
nouveaux pour que, une fois tous regroupés, le Parc possède un maillage suffisant de voies piétonnes et cyclables.
La densification du territoire
Il faut des objectifs clairs et un outil de contrôle de ces objectifs. Si un taux de densification est fixé par la Charte pour gérer l'évolution de la population, il doit être appliqué commune par commune. Il ne peut se créer un droit à sur densifier en utilisant des droits non utilisés par certaines communes raisonnables, pour constater ensuite que globalement l'objectif est atteint. On ne peut accepter en outre dans un Parc des zones sur densifiées par rapport au reste des autres zones du Parc (ce serait un facteur de déséquilibre). Le taux pour un Parc naturel se doit d'être inférieur à la moyenne départementale (Yvelines 3,9 % sur dix ans). Un parc ce n'est certes pas une réserve naturelle où l'homme est interdit, ou un parc national où l'homme est toléré, c'est un territoire où l'homme et la nature cohabitent en totale harmonie. Cela doit être conçu comme un contrepoids à l'urbanisation galopante de la Région-Capitale. C'est d'ailleurs cette analyse qui s'impose, puisque chaque OIN voulu par la puissance publique, est adossée à un Parc Naturel en Ile de France. Cela n'est pas le fait du hasard c'est une volonté politique au plus haut sommet de l'État (voir carte). Ce Parc Naturel périurbain est un bien commun à 12 millions d'habitants qui doit remplir son rôle pour le bénéfice de tous et en premier lieu de ses propres habitants. Ce même territoire ne peut être en compétition au niveau de la croissance démographique avec le reste du territoire pour lequel il remplit justement une autre fonction. Souvent certains parlent de logements sociaux et «de quota» à réaliser dans un Parc, cette question est mal abordée par ceux qui le font de la sorte. Le but de la charte n'est pas de fixer le nombre de logements sociaux, ce n'est pas l'outil adapté pour cela, comme elle ne pourrait pas non plus en limiter le nombre. Pour les logements sociaux il y a la loi SRU (13 décembre 2000) qui dispose que chaque commune concernée doit prévoir un taux de 20% de logements sociaux. C'est donc uniquement par rapport à la croissance démographique choisie par la charte que le nombre de logements sociaux doit s'appliquer aux communes qui le souhaitent (la charte du Lubéron à été bloquée pour ne pas avoir obéi à ce mécanisme). Trop souvent le thème du logement social est mis en avant pour gagner de la construction sur des terres agricoles comme une sorte de caution morale, en voulant donner mauvaise conscience à ceux qui pourraient légitimement s'y opposer pour freiner l’urbanisation galopante.
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