Le Grand Paris enfin sur la voie d'un accord PDF Imprimer Envoyer
Écrit par LE FIGARO   
Vendredi, 24 Décembre 2010 00:00
Le nouveau ministre, Maurice Leroy, a réuni l'ensemble des acteurs autour de la table.

Les avancées sont réelles vers une convergence des projets de transport de la métropole francilienne

AMÉNAGEMENT Nouveau ministre de la Ville, le centriste Maurice Leroy pourrait bientôt s'enorgueillir d'être celui par qui le Grand Paris devient un projet partagé et une réalité de terrain. Et peu importe si les ambitions de l'ancien secrétaire d'État, Christian Blanc, semblent avoir été revues à la baisse pour parvenir à un accord avec la région, qui pourrait intervenir d'ici à fin janvier. « C'est la méthode Momo », clame Maurice Leroy, fier d'être parvenu « le premier », à « réunir l'ensemble des acteurs autour d'une même table, au même moment » : l'État et la région présidée par le socialiste Jean-Paul Huchon, le syndicat Paris Métropole et la Société du Grand Paris (SGP), la SNCF, la RATP, Réseau ferré de France... Et « faire travailler ensemble » ces derniers opérateurs, « ce n'est pas plus simple que d'harmoniser la région et la SGP », précise le ministre qui a tenu la première réunion de concertation « une semaine après (sa) nomination ».

Il concède qu'avant lui, Michel Mercier, désormais garde des Sceaux, lui avait préparé le terrain pendant la courte période où il avait été en charge du dossier... Président du syndicat Paris Métropole qui rassemble 174 collectivités d'Ile-de-France et maire UMP de Nogent-sur-Marne, Jacques J. P. Martin loue « le travail en dentelle mené pour trouver un accord, très efficace et très complet ». Une prochaine réunion se tiendra le 5 janvier sur l'emploi et le développement économique, une autre le 12 janvier, associant les présidents des conseils généraux franciliens.

Les avancées sont réelles vers une convergence des projets de transport de la région (Arc Express) et de l'État (« double boucle »), au point qu'à l'issue de la concertation du 16 décembre, Pierre Mongin, président de la RATP, s'est exclamé : « Cette réunion est historique ! » , saluant au passage « l'esprit constructif » de Jean-Paul Huchon.

De quoi rendre nerveuse Valérie Pécresse, présidente du groupe UMP à la région, qui n'est pas conviée à ces séances de construction du Grand Paris. La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche est d'autant moins tranquille qu'elle sait très fragilisée l'option d'une traversée du plateau de Saclay par le métro lourd - projet « double boucle » - au profit d'une desserte par métro léger utilisant l'emprise de la navette Orlyval. Une solution moins coûteuse de quelque 4 milliards, répondant aux attentes des architectes du Grand Paris d'utiliser l'existant et soucieuse des réserves émises par la région sur la fréquentation limitée du site et donc des transports. Au moins dans un premier temps. Valérie Pécresse tient à la deuxième boucle de métro lourd - la Défense-Versailles-Saclay-Orly - pour que Saclay puisse devenir un mégacampus universitaire international.

« On ne peut pas oublier la desserte de Saclay par un métro automatique. Il ne peut pas y avoir de Silicon Valley à la française sans liaison directe avec Roissy », fait valoir la ministre. Hervé Hocquard, maire UMP de Bièvres, conseiller régional d'Ile-de-France et représentant des maires de l'Essonne au sein de l'établissement public de Saclay, partage cette inquiétude. « Quand il s'agit de trouver un accord, chacune des parties doit lâcher prise et nous craignons que cette partie du parcours du métro lourd soit remise à plus tard. Ce serait très regrettable au vu des ambitions affichées... » Maurice Leroy est formel : « Je démens les rumeurs faisant état d'un abandon de Saclay. C'est absolument ridicule. Saclay sera desservi », assure-t-il en prenant soin d'ajouter : « Si je vous disais comment, je ne serais pas sérieux. » Même tonalité à l'Élysée où l'on jure que Nicolas Sarkozy a « dit et répété » que le site est « stratégique », en ajoutant néanmoins que « les tracés et les modalités de la double boucle ne sont pas gravés dans le marbre ». Ce qui compte, c'est de « placer Saclay à trente minutes du centre de Paris » . Hier, dans un courrier à Pécresse, Leroy s'est engagé : « Je vous confirme formellement et solennellement que le projet que je soumets à l'accord de la région prévoit bien un métro automatique. »